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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/301

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bonheur, ni heureux à cause de ton malheur (passés). On n’est pas malheureux, parce qu’on a été heureux, ni heureux parce qu’on a été malheureux.

498. Ô kourouido, rappelle-toi que le destin est plus fort (que toi), ou que c’est toi qui es la cause de ta propre souffrance, ô prince.

499. Après avoir vu l’heureuse Krishnâ couverte d’un seul vêtement au moment critique de son mois, tu ne dois (donc) pas te souvenir de cet (affront que nous ont fait) les ennemis des fils de Pândou !

500. Tu ne dois (donc) pas te souvenir que nous avons été bannis de la ville, (que nous avons dû) nous vêtir de peaux et habiter dans les bois !

501. Comment as-tu oublié les tourments que Jatâsoura nous a fait subir, le combat avec Citrasena et les injures que nous avons éprouvées de la part du roi du Sindhou ?

502. Comment as-tu oublié le coup porté à la princesse Draupadî par Kîcaka, lorsque nous errions inconnus ?

503. Ô dompteur des ennemis, il faut lutter contre ton esprit seul, comme tu as combattu contre Drona et Bhîshma.

504. Il faut te livrer à toi-même un combat, dans lequel on ne fait pas usage de flèches, où l’on n’a pas d’amis, où l’on n’emploie pas ses parents.

505. Si tu perds la vie sans avoir remporté la victoire dans cette lutte, en prenant un autre corps, il te faudra combattre (de nouveau) contre les mêmes (adversaires).

506. Il faut aujourd’hui marcher et combattre un ennemi (nouveau), et quitter celui qui était visible pour celui qui est invisible. Lutte, ô excellent Bharatide, (contre cet ennemi qui est ton propre cœur).