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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/262

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CHAPITRE VIII


DISCOURS D’ARJOUNA


Argument : Discours d’Arjouna, qui vante les avantages de la fortune, et expose les inconvénients de la pauvreté.



201, 202. Vaiçampâyana dit : Ensuite, l’impatient et très fort Arjouna, à la parole éloquente, à l'indomptable énergie, à l’héroïsme terrible, offensé (de ce que venait de dire son frère), prononça en souriant, (tout en) léchant les coins de sa bouche et en présentant un aspect effrayant, ces paroles très convenables :

203. Arjouna dit : Quel malheur, quelle peine et quelle affliction suprême, ce serait si, après avoir accompli une œuvre surhumaine, tu abandonnais ta grande fortune !

204. Après avoir frappé tes ennemis et t’être emparé de la terre, conquise par ta valeur, comment pourrais tu renoncer à tout, par inconstance d’esprit ?

205. A-t-on (jamais) vu un homme dépourvu de virilité ou un paresseux acquérir la royauté ? Pourquoi (alors), dans ta colère, as-tu tué les rois ?

206. Comment celui qui, pauvre, ayant renoncé au bien-être, désire vivre d’aumônes, jouirait-il du fruit d’entreprises (auxquelles il ne se livre pas) ?

207. Il est connu dans tous les mondes, (comme) ne possédant ni enfants, ni bestiaux. Ô roi, après qu’un