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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/173

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toi qui (pourtant) as été le meurtrier de mes fils, si tu t’étais astreint (aux obligations que t’imposait ton) devoir (de kshatriya). »

405. Vaiçampâyana dit : Après avoir ainsi parlé, tourmentée par la douleur que lui causait la mort de ses fils et de ses petits fils, Gândhârî s’enquit de Youdhishthira et demanda où était le roi.

400. L'Indra des rois, Youdhishthira, s’approcha d’elle en pleurant, en faisant l’añjâli, et lui adressa ces douces paroles :

407. « Ô reine, voici ce Youdhishthira, le meurtrier de tes fils ; devenu la cause de la ruine de la terre, je suis digne de malédiction. Maudis-moi.

408. Après avoir tué de tels amis, quel intérêt trouverait dans la vie, dans la royauté, dans la richesse, un fou tel que moi, qui ai fait le malheur de ceux qui me sont chers ? »

409. Gândhârî, poussant de grands soupirs, ne répondit rien à ce roi qui, après s’être approché d’elle, lui parlait ainsi avec crainte .

410. 411. Cette reine à la vue perçante et au fait des devoirs, aperçut, par un interstice entre les plis de son voile royal, les extrémités des orteils de ce roi qui, le corps courbé, se disposait à tomber à ses pieds. Alors, les ongles de ce roi, qui étaient beaux à voir, devinrent (subitement) laids, (brûlés par les regards de la reine).

412-415. À cette vue, Arjouna se retira derrière le Vasoudevide. Gândhârî, dont la colère était évanouie, parla doucement et maternellement aux (fils de Pândou), qui erraient sans repos de côté et d’autre, ô Bharatide. Après en avoir obtenu la permission de cette (reine), ces