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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/17

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ou quand elle est coupée en deux, l’armée ennemie doit être attaquée par ses adversaires. » Voilà (ce qu’on a dit). Le majestueux fils de Drona prit ainsi la résolution de tuer pendant la nuit les Pândouides et les Pâñçâlas endormis. Après avoir formé ce cruel projet et y avoir longuement réfléchi,

57. Il éveilla ses deux (compagnons), son oncle maternel et Bhoja. Quand ces deux magnanimes et très forts (guerriers), Kripa et Bhoja, furent éveillés (et eurent entendu sa proposition),

58. Pleins de honte, ils n’y firent pas une réponse conforme (à ses désirs). Ayant réfléchi un instant, (Açvatthâman) dit, d’une voix entrecoupée par les larmes :

59. « Le très puissant roi Douryodhana, ce héros unique (dans le monde), pour l’amour duquel nous sommes devenus les ennemis des fils de Pandou, a été tué.

60. Le maître de onze armées, dont l’héroïsme était parfait, (resté) seul au combat contre de nombreux et vils (adversaires), a été abattu par Bhîmasena.

61. L’infâme Vrikodara a commis cette action horrible, de fouler de son pied la tête de celui qui avait été sacré par l’aspersion.

62. Les Pâñcâlas, par centaines, rôdent de côté et d’autre en riant, en poussant des rugissements, en soufflant dans leurs conques et en battant leurs tambours doundoubhis.

63. Le son discordant des instruments de musique se mêle à celui des conques, (d’une manière) terrible. Transporté par le vent, il remplit en quelque sorte l’espace.

64. On entend aussi un très grand bruit produit par le hennissement des chevaux, le barrissement des éléphants et les clameurs des héros.