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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/127

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61. Ni par des sacrifices aux riches dakshinâs (offrandes), ni par l’ascétisme, ni par la science, les mortels ne parviennent aussi sûrement au Svarga, que les héros tués dans le combat.

62. Ils versèrent des offrandes de flèches sur les feux (figurés par) les corps des héros (ennemis), et, de même, (ces hommes) énergiques eurent à supporter, de leur côté, les flèches qui furent versées sur eux (par les ennemis, en guise de libations).

63. Je t’indique par là, ô roi, la meilleure voie (à suivre) pour obtenir le Svarga. Pour le kshatriya, on n’en connaît pas ici-bas de meilleure que les batailles.

64. (Ceux qui sont tombés) étaient de magnanimes kshatriyas, des héros brillants dans les assemblées. Ils ont obtenu le comble de leurs désirs ; il ne faut pas les pleurer.

65. Ô taureau des hommes, ne te lamente pas. Reprends courage (en ayant recours) à toi-même. Il ne faut pas, maintenant, que le chagrin qui t’accable t’empêche d’accomplir ce que tu dois faire.

66. Il y a, dans les mondes où l’on transmigre, des milliers de pères et de mères, des centaines de fils et d’épouses. À qui sont-ils et à qui sommes-nous nous-mêmes ? (En réalité les liens de parenté sont chose changeante.)

67. Des milliers de sujets de chagrin et des centaines de motifs de crainte, assiègent chaque jour le sot, (mais n’affectent pas) le sage.

68. le plus excellent des Kourouides, personne n’est ni chéri, ni détesté du temps. Le temps n’est jamais neutre ; le temps attire tout à lui.