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Page:Ball - La folie érotique, 1893.djvu/39

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L’ÉROTOMANIE

hardiment chez les parents de la jeune fille pour demander sa main ; mais en général il n’en est pas ainsi. Le plus souvent le sujet poursuit de ses obsessions discrètes ou impertinentes la personne qui occupe sa pensée, il se trouve perpétuellement sur son chemin, il la suit à la promenade, il monte la garde sous ses fenêtres.

Une dame occupant un rang très élevé a été pendant longtemps tourmentée par les poursuites d’un jeune avocat qui, sans rien dire, la suivait partout ; il l’accompagnait à distance respectueuse pendant ses sorties et lorsqu’elle rentrait chez elle, il se trouvait auprès de la porte. Plus d’une fois elle est brusquement partie pour une destination éloignée afin de se débarrasser de cette obsession incessante, mais on l’avait suivie et à peine avait-elle débarqué qu’elle se trouvait en présence de son persécuteur.