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LA PERVERSION SEXUELLE

assurément l’esprit du mal, le tentateur ?

» Je ne sais, répondit le seigneur Gilles de Retz, mais j’ai de moi-même et de ma propre tête, sans conseil d’autrui, pris ces imaginations d’agir ainsi seulement par plaisance et déclaration de luxure ; de fait, j’y trouvais incomparable jouissance, sans doute par l’instigation du diable.

» Il y a huit ans que cette idée diabolique me vint ; ce fut l’année même où mon aïeul, le sire de la Suze, alla de la vie à trépas. Or, étant d’aventure en la librairie du dict château, je trouvai un livre latin de la vie et mœurs des Césars de Rome, par un savant historien qui a nom Suétonius ; ledit livre était orné d’images fort bien peintes, auxquelles se voyaient les déportements de ces empereurs païens, et je lus en cette belle histoire comment Tibérius, Caracalla et autres Césars s’ébat-