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le premier Bonaparte ! Et pourtant quelle différence ! l’un a fait sa réclame à coups de canons sur tous les champs de bataille de l’Europe, et l’autre en vulgarisant sa photographie et en se faisant lancer par les journaux de Paris.

Heureusement Boulanger, qui est l’œuvre de la réclame, périra par le journalisme : Bonaparte est tombé à Waterloo, lui tombera sous un article d’Albert Millaud, d’Edmond Deschaumes ou peut-être d’Henri Rochefort.

Qui sait si, par ordre de Dieu, ce n’est pas pour son châtiment que ce malheureux siècle est condamné à acclamer éternellement des médiocrités, pour avoir méconnu, le plus grand poëte de tous les temps : le Maitre, Paul Verlaine.

MAURICE DU PLESSYS

Parallèlement aux deux Maîtres, Paul Verlaine et Jules Barbey d’Aurévilly, place Maurice du Plessys dans les hautes régions de l’Art contemporain. Jeune et quasiment vierge de toutes sortes de productions, il n’en est pas moins une sorte d’Atlas portant sur ses épaules le ciel tempétueux du monde décadent.

Un volume ne suffirait pas pour examiner à fond cet esprit complexe pliant à toutes les innovations de la modernité.

Gentleman de la littérature, c’est comme tel que je le présente au public plus appéteur de ses excentricités que capable d’apprécier ses ouvrages.

Il est une de ces gloires de notre XIXe siècle faites de réclame, de gestes et de bruit, et d’autant plus solides