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L’ÉCOLE DÉCADENTE

On a contesté aux Décadents le pouvoir de faire école. On a prétendu qu’ils sont des anomalies regrettables et, par suite, impuissants à toutes sortes de productions. On en a même appelé à quelques énergumènes de l’élucubration et de l’incohérence pour prouver par leurs grimoires que l’existence des Décadents en tant qu’école est une simple farce et ne vaut pas la peine qu’on s’y arrête.

J’ai le devoir impérieux de ne pas laisser se propager plus longtemps les clameurs blasphématoires que d’incurables scribes ont fait parvenir jusqu’à nos oreilles, bien que ces bruits ne soient qu’une conséquence naturelle de l’existence de l’école et une indéniable preuve de sa vitalité.

Les Décadents ont un chef suivi de toute une pléiade de jeunes écrivains, une esthétique nouvelle, un éditeur et, même, des lecteurs. Que faut-il de plus pour constituer une école ?