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mentalité allemande. Symbole fétichiste de la brutalité guerrière organisée, il signifie, pour celui qui le porte, l’intention d’être considéré comme un animal de combat et de proie.

Ce n’est pas par l’effet du hasard que les rois de Prusse ont adopté cette coiffure de guerre. Désireux de donner à leurs soldats l’aspect le plus capable d’inculquer la notion de la supériorité militaire et d’inspirer la crainte, ils ont repris le casque de cuir dont, selon Tacite, les Hariens, les Sarmates et les peuples de la Germanie ornaient leurs têtes dans le but d’effrayer l’ennemi. Le casque à pointe actuel est presque exactement calqué sur celui que portaient les Daces. (Fig. 18, 19 et 20, d’après le Larousse illustré.)


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Fig. 18 et 19. — Casque Duce et casque allemand.

Parlant des Hariens qui habitaient sur la rive gauche de la Vistule et qui sont les ancêtres directs des Prussiens actuels, Tacite s’exprime ainsi :

Ces hommes farouches, pour ajouter à la férocité naturelle de leur visage, sollicitent le concours de l’art et des circonstances. Ils peignent en noir leurs boucliers, se teignent le corps, choisissent les nuits les plus sombres pour combattre, et rien que par l’horreur qu’inspire cette armée lugubre et par l’ombre qui l’enveloppe, répandent l’épouvante ; il n’est pas d’ennemi capable de soutenir cet aspect étrange et en quelque sorte infernal, car, dans tout combat, les yeux sont les premiers vaincus.

Lorsque les Cinabres et les Teutons fondirent sur la Gaule et l’Italie, il se dégageait de leur aspect une telle impression de barbarie et de férocité, que les soldats romains en étaient impressionnés à tel point, que le général Marius crut nécessaire de prendre des mesures pour remédier à cet état d’esprit. Loin de se hâter de livrer la bataille comme le désiraient les Romains, il se retrancha dans un camp extrêmement fortifié et se cantonna, dans la méthode sage et prudente de la temporisation.

Il plaçait ses soldats les uns après les autres, sur les remparts du camp, nous dit Plutarque, d’où ils pouvaient voir les ennemis, afin de les accoutumer à leur figure, au ton rude et sauvage de leur voix, à leur armure et à leurs mouvements extraordinaires. Il leur rendit ainsi familier, par l’habitude, ce qui d’abord leur avait paru si effrayant, car il savait que la nouveauté fait souvent illusion et exagère les choses que l’on craint, au lieu que l’habitude ôte même à celles