Page:Bérillon - La psychologie de la race allemande, 1917.djvu/54

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
52
docteur edgar bérillon

Tel est un officier en présence d’un supérieur, un assistant devant un professeur, un professeur devant un hobereau de rang princier.

Sans parler de toutes ces salutations automatiques, ces verbeugung multipliés, dans lesquels la partie supérieure du tronc s’infléchit à angle droit sur la partie inférieure.

La colère. — La colère allemande, le furor teutonicus, n’est qu’une des expressions les plus habituelles du pédantisme humilié. On l’a vu dans les élucubrations de tous ces prétendus savants dont la notoriété était surtout faite de notre snobisme. Le psychologue Wundt, dans les travaux duquel, on chercherait en vain la moindre idée originale ou personnelle, n’a-t-il pas, dès la déclaration de guerre, démontré la faiblesse de son pouvoir de contrôle lorsqu’il a écrit :


La guerre juste et sainte, c’est celle que l’Allemagne fait à ses ennemis. La guerre de nos ennemis, c’est l’attaque infâme de brigands, dont les moyens sont l’assassinat, la piraterie et la flibusterie, non pas la lutte ouverte, honorable avec les armes.


Qui donc, après cette citation, pourra encore considérer Wundt comme un psychologue et voir en lui autre chose qu’un irascible pédant.

Il ne m’est arrivé qu’une seule fois de rencontrer un Allemand qui se rendait compte de ce qu’il y a de ridicule dans les exhibitions de costumes du kaiser, dans les gestes automatiques des officiers, dans la raideur des fonctionnaires, dans les duels symboliques des étudiants et dans le pédantisme irréductible de toute la race germanique. Comme je lui en exprimais mon étonnement, il me répondit : « C’est que je ne suis pas Allemand de race, je ne le suis que de nationalité. Je suis né à Prague, mon père et ma mère sont Tchèques. »

Or, on sait que les Tchèques ont la réputation d’avoir accaparé tout l’esprit de l’Europe centrale.


Le rituélisme de l’ivrognerie. — L’année dernière, dans son éloquente conférence sur la Psycho-pathologie criminelle des Austro-Allemands, mon ami M. le Professeur Capitan a exposé les causes de la mégalomanie sanguinaire des Allemands.

La rattachant à l’intoxication par un alcoolisme généralisé à toutes les classes de la société, il en a analysé l’action spéciale sur un terrain prédisposé et en a fait ressortir le caractère particulier de violence et de grossièreté.

Il est arrivé enfin à la conclusion que les crimes des Allemands ne sont que les réactions antisociales d’une mentalité pathologique.

En réalité, en ce qui concerne l’alcoolisme et les violences qui l’accompagnent, les Allemands d’aujourd’hui ne sont pas sensiblement différents de ce qu’ont été les Allemands de tous les temps. Les traditions qui les portent à se réunir pour se livrer à d’interminables beuveries ne sont que des survivances de la mythologie germanique.