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docteur edgar bérillon

solennité n’exclut pas l’obscurité, ne sévit nulle part, avec autant d’intensité, que dans les universités allemandes.

Mais ce serait une erreur de croire que le pédantisme est un état d’esprit particulier aux professeurs et aux hommes de science allemands. Le pédantisme, en Allemagne, n’est pas un fait accidentel, il n’est pas le signe d’une déformation professionnelle. C’est un caractère de race. Il s’étend à toute la nation, s’exerce dans tous les domaines, et on le retrouve à tous les degrés de l’échelle sociale.

La suffisance des Allemands n’est pas une chose nouvelle, elle a toujours existé chez eux. C’est encore plus dans leur pédantisme que dans leur brutalité que se trouve la cause de l’irréductible antipathie des populations qu’ils ont annexées.

L’énormité du pédantisme germanique a été soulignée par la verve des humoristes. À ce point de vue, le type du professeur Knatsché, tel qu’il nous a été présenté par Hansi, restera le symbole du degré auquel peuvent arriver l’infatuation et la solennité prétentieuse du professeur allemand.

Mais c’est aux psychologues qu’il appartient, par une analyse approfondie, de déterminer les causes sur lesquelles repose l’expression d’une morgue et d’un orgueil de race dont on ne retrouve la manifestation chez aucun peuple de la terre.

De mes observations sur ce sujet, il m’apparaît que le pédantisme allemand tire sa source des éléments suivants :

Le servilisme inné de la race qui la porte à la conservation d’une hiérarchie dans laquelle chacun, après s’être courbé, humilié devant un despotisme brutalement exercé, exige à son tour le témoignage de la bassesse et de l’asservissement de l’inférieur.

L’orgueil de race systématiquement entretenu et exploité. — Dès son enfance se révèle dans l’esprit de l’Allemand l’orgueil de race, dont l’école aura pour but de réaliser le complet épanouissement. Le maître d’école et le professeur trouvent dans leurs élèves un terrain admirablement disposé au développement de l’orgueil national.

Il leur est facile d’amplifier dans les cerveaux l’admiration pour tous les produits intellectuels ou matériels allemands.

Les penseurs, les poètes, les artistes et surtout les guerriers sont exaltés.

La femme allemande, le joyau des femmes de ce monde, est célébrée dans sa beauté et sa vertu. La pureté et la vigueur de la race sont glorifiées. Le peuple allemand étant élu de Dieu, ses expansions et ses conquêtes, sa domination sur le monde sont escomptées.

Malheur à ceux dont la témérité s’efforcerait de mettre obstacle à la diffusion d’un tel genre de conquête et de civilisation.

Quand il s’agit de la puissance et de la gloire de l’Allemagne, on ne saurait se montrer trop difficile sur le choix des moyens.

La duplicité, le mensonge, l’espionnage, l’intimidation et aussi le mépris