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docteur edgar bérillon

naissent à leur odeur très spéciale. L’odeur de certaines races humaines est si pénétrante que les soins de propreté les plus minutieux n’arrivent pas à en atténuer l’intensité.

J’ai réuni un certain nombre de faits analogues dans une étude assez approfondie parue dans la Revue de l’Hypnotisme en 1909, sous le titre : Psychologie de l’olfaction.

Chez les espèces animales, l’odorat joue le rôle prépondérant dans la conservation et la défense de la race. À son rôle de réveiller périodiquement et de stimuler les fonctions de reproduction, s’en ajoutent d’autres d’une importance non moins considérable. C’est par lui que les animaux sont avertis de la présence de l’ennemi. C’est également l’odorat qui leur permet de dépister les proies dont ils doivent faire leur nourriture. Les perceptions olfactives tiennent la première place aussi bien dans le domaine de la guerre que dans celui de la chasse.

Sans jouer chez l’homme un rôle équivalent, elles n’en sont pas moins importantes. Comme chez les animaux, les impressions olfactives jouent le rôle prédominant aussi bien dans les attractions sexuelles que dans les affinités sociales. Il n’est pas téméraire d’ajouter que l’antipathie, la sympathie et l’électivité olfactives dominent impérieusement toutes les questions de pénétration et de collaboration internationales. La première condition pour que les peuples de race différente ne soient pas gênés dans leurs relations courantes, c’est que l’odeur de l’un n’affecte pas péniblement les fonctions olfactives de l’autre. Ici la linguistique se trouve d’accord avec la sociologie, car on ne peut présumer de longues relations de courtoisie entre des gens dont la disposition réciproque est de « ne pouvoir se sentir ».

La haine entre les races blanche et noire, qui se manifeste avec tant d’intensité aux États-Unis, a pour principale cause l’odeur que les Américains reprochent aux nègres. C’est d’ailleurs le motif le plus fréquemment invoqué pour exiger la séparation des deux races dans les tramways, les restaurants et les hôtels.

Des oppositions sensorielles du même ordre existent également entre les individus de race blanche et ceux de race jaune. Une dame qui a fait plusieurs séjours au Canada, dans des milieux où les cuisiniers sont Chinois, éprouvait la plus grande aversion pour les mets préparés par eux, car ils restaient imprégnés de leur odeur spécifique.

Les habitants de l’Égypte ancienne se rendaient un compte exact du rôle que l’odeur humaine et le sens de l’odorat qui la perçoit jouent dans l’appréciation de la personnalité. C’est ce qui ressort d’une remarquable étude présentée par le baron Textor de Ravisi, au congrès des orientalistes de 1880. Il y démontrait que les anciens Égyptiens ne reconnaissaient comme des frères que ceux qui réunissaient un certain nombre de conditions, parmi lesquelles figurait au premier rang celle d’être de la race du Mesraïm et d’être les Rot-U, c’est-à-dire « qui conservaient la même odeur sui generis ».