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Page:Béranger - Chansons anciennes et posthumes.djvu/596

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LA PÂQUERETTE ET L’ÉTOILE


Air :


                        L’ÉTOILE.
Dans l’ombre, aimable pâquerette,
Mon rayon le plus doux te luit.
Et dessine ta collerette
Sur le noir manteau de la nuit.

                        LA PÂQUERETTE.
Quoi ! vous, belle étoile attachée
Au marchepied du Roi des cieux,
Sur la fleur dans l’herbe cachée
Vous daignez abaisser les yeux !

                        L’ÉTOILE.
Chaque étoile, dans son orbite,
Loin d’être un vain luxe des nuits,
Aux planètes que l’homme habite
Dispense arbres, fleurs, grains et fruits.

Des feux du soleil dans l’espace
Moi qui complète les couleurs,
Sur les corps que sa force enlace
Je préside aux destins des fleurs.

Tu ne m’es donc pas étrangère,
Fleurette éclose en si bas lieu.
Astre éclatant, fleur passagère,
Se tiennent dans la main de Dieu.

                        LA PÂQUERETTE.
Ainsi que la terre où nous sommes,
Se peut-il qu’aux cieux étoilés,
De fleurs, de papillons et d’hommes,
D’autres globes roulent peuplés ?

                        L’ÉTOILE.
Certes, ma fille : aux mêmes causes
Le même effet ne peut faillir.
Dans ces mondes naissent des roses
Et des vierges pour les cueillir.