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Page:Béranger - Chansons anciennes et posthumes.djvu/593

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LES VIOLETTES


Air :


Hélas ! violettes charmantes,
Vous vous hâtez trop de fleurir.
Au soleil ces neiges fumantes,
Le verglas peut les recouvrir ;

Mars nous garde encor des tourmentes.
Naissez-vous aussi pour souffrir ?

bis.


— Bénis le ciel qui nous ordonne
D’éclore en dépit des glaçons.
La pauvre Laure, enfant si bonne,
Va nous chercher dans ces buissons :
À souhait pour qu’elle y moissonne,
En grelottant nous fleurissons.

— Douces fleurs, quelle est cette fille ?
— Une orpheline qui nourrit
Ceux qui se sont faits sa famille,
Vend des fleurs quand le ciel sourit,
Lasse la quenouille et l’aiguille,
Ou glane aux champs que Dieu mûrit.

Ce matin, dès la pâle aurore,
Un ange a passé par ici.
Il a dit : Enrichissez Laure ;
Le pain manque, et Laure en souci
Va venir ; hâtez-vous d’éclore.
L’ange a dit vrai, car la voici.