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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/99

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L’oiseau se tait dans le feuillage ;
Rien n’interrompt vos chants joyeux.
        J’en crois votre allégresse :
        Oui, bientôt d’un ciel pur
        Vos yeux, brillants d’ivresse,
        Réfléchiront l’azur.

    Chers enfants, dansez, dansez !
                        Votre âge
            Échappe à l’orage :
    Par l’espoir gaîment bercés,
        Dansez, chantez, dansez !

Vos pères ont eu bien des peines ;
Comme eux ne soyez point trahis.
D’une main ils brisaient leurs chaînes,
De l’autre ils vengeaient leur pays.
        De leur char de victoire
        Tombés sans déshonneur,
        Ils vous lèguent la gloire :
        Ce fut tout leur bonheur.

    Chers enfants, dansez, dansez !
                        Votre âge
            Échappe à l’orage :
    Par l’espoir gaîment bercés,
        Dansez, chantez, dansez !

Au bruit de lugubres fanfares,
Hélas ! vos yeux se sont ouverts.
C’était le clairon des Barbares
Qui vous annonçait nos revers.