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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/71

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Qu’il prouve encore aux oppresseurs
Combien la gloire est roturière.
Quand secoûrai-je la poussière
Qui ternit ses nobles couleurs ?

Son aigle est resté dans la poudre,
Fatigué de lointains exploits.
Rendons-lui le coq des Gaulois ;
Il sut aussi lancer la foudre.
La France, oubliant ses douleurs,
Le rebénira, libre et fière.
Quand secoûrai-je la poussière
Qui ternit ses nobles couleurs ?

Las d’errer avec la Victoire,
Des lois il deviendra l’appui.
Chaque soldat fut, grâce à lui,
Citoyen aux bords de la Loire.
Seul il peut voiler nos malheurs ;
Déployons-le sur la frontière.
Quand secoûrai-je la poussière
Qui ternit ses nobles couleurs ?

Mais il est là, près de mes armes ;
Un instant, osons l’entrevoir.
Viens, mon drapeau ! viens, mon espoir !
C’est à toi d’essuyer mes larmes.
D’un guerrier qui verse des pleurs,
Le ciel entendra la prière :
Oui, je secoûrai la poussière
Qui ternit tes nobles couleurs.