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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/33

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ROSETTE


Air nouveau de M. de Beauplan (Air noté )


Sans respect pour votre printemps,
Quoi ! vous me parlez de tendresse,
Quand sous le poids de quarante ans
Je vois succomber ma jeunesse !
Je n’eus besoin pour m’enflammer
Jadis que d’une humble grisette.
Ah ! que ne puis-je vous aimer
Comme autrefois j’aimais Rosette !

Votre équipage, tous les jours
Vous montre en parure brillante.
Rosette, sous de frais atours,
Courait à pied, leste et riante.
Par-tout ses yeux, pour m’alarmer,
Provoquaient l’œillade indiscrète.
Ah ! que ne puis-je vous aimer
Comme autrefois j’aimais Rosette !

Dans le satin de ce boudoir,
Vous souriez à mille glaces.
Rosette n’avait qu’un miroir ;
Je le croyais celui des Grâces.