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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/326

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L’ANGE GARDIEN


Air : Jadis un célèbre empereur (Air noté )


À l’hospice un gueux tout perclus
Voit apparaître son bon ange ;
Gaîment il lui dit : Ne faut plus
Que votre altesse se dérange.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Sur la paille, né dans un coin,
Suis-je enfant du Dieu qu’on nous prêche ?
Oui, dit l’ange ; aussi j’eus grand soin
Que ta paille fût toujours fraîche.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Jeune et vivant à l’abandon,
L’aumône fut mon patrimoine.
Oui, dit l’ange, et je te fis don
Des trois besaces d’un vieux moine.
Tout compté, je ne vous dois rien :
Bon ange, adieu ; portez-vous bien.

Soldat bientôt, courant au feu,
Je perdis une jambe en route.