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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/309

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Le chant fini, Richard court à l’église.
Qu’y va-t-il faire ? Il cherche un confesseur ;
Il en trouve un, gros moine à barbe grise,
Des mœurs du temps inflexible censeur.
— Ah ! sauvez-moi des flammes éternelles !
Mon père, hélas ! c’est un vilain séjour.
— Qu’avez-vous fait ? — J’ai trop aimé les belles.
Pour votre roi chantez, gai troubadour !
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour !

Le grand malheur, mon père, c’est qu’on m’aime.
— Parlez, mon fils ; expliquez-vous enfin.
— J’ai fait, hélas ! narguant le diadème,
Un gros péché, car j’ai fait un dauphin.
D’abord le moine a la mine ébahie ;
Mais il reprend : Vous êtes bien en cour ?
Pourvoyez-nous d’une riche abbaye.
Pour votre roi chantez, gai troubadour !
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour

Le moine ajoute : Eût-on fait à la reine
Un prince ou deux, on peut être sauvé.
Parlez de nous à notre souveraine ;
Allez, mon fils, vous direz cinq Ave.
Richard absous, gagnant la capitale,
Au nouveau-né voit prodiguer l’amour.
Vive à jamais notre race royale !
Pour votre roi chantez, gai troubadour !
Chantez, chantez, jeune et gai troubadour !