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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/298

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Prenons, mon ami, prenons donc
Coquilles, rosaire et bourdon.

Voilà les pèlerins en route.
À pied nous chantons en marchant.
À chaque auberge, quoi qu’il coûte,
Nouveau repas et nouveau chant ;
Partout trinquant, partout couchant.
Le dieu qui d’aï nous asperge
Sourit sous des rideaux de serge.
Ma Lisette, prenions-nous donc,
Pour mener l’amour à l’auberge,
Ma Lisette, prenions-nous donc
Coquilles, rosaire et bourdon ?

Aux pieds de la vierge des vierges
À genoux enfin nous voilà.
Vient un diacre allumer nos cierges,
Lise se dit : à Loyola
Je veux souffler cet abbé-là.
Je me fâche, et de ses poursuites
Lui montre, hélas ! les tristes suites.
Quoi ! volage, preniez-vous donc,
Pour vous mettre à dos les jésuites,
Quoi ! volage, preniez-vous donc
Coquilles, rosaire et bourdon ?

Mais à souper Lise l’attire,
Le fait boire, jurer, chanter.
De l’enfer il se prend à rire ;
Du pape il ose plaisanter,
Moi, je m’endors à l’écouter.