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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/287

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Périsse enfin le géant des batailles !
Disaient les rois : peuples, accourez tous.
La liberté sonne ses funérailles ;
Par vous sauvés, nous règnerons par vous.
Le géant tombe, et ces nains sans mémoire
À l’esclavage ont voué l’univers.
Des deux côtés ce jour trompa la Gloire.
Son nom jamais n’attristera mes vers.

Mais quoi ! déjà les hommes d’un autre âge
De ma douleur se demandent l’objet.
Que leur importe en effet ce naufrage ?
Sur le torrent leur berceau surnageait.
Qu’ils soient heureux ! leur astre qui se lève
Du jour funeste efface le revers.
Mais, dût ce jour n’être plus qu’un vain rêve,
Son nom jamais n’attristera mes vers.