Ouvrir le menu principal

Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/282

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Dans l’art des vers c’est toi qui fus mon maître ;
Je t’effaçai sans te rendre jaloux.
Si les seuls fruits que pour nous Dieu fit naître
Sont des chansons, ces fruits sont assez doux.
Dans nos refrains que le passé renaisse ;
L’illusion nous rendra son miroir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse,
        Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Reposons-nous ; car les Amours, sans doute,
Pour qui jadis nous avons tant marché,
Nous crîraient tous, s’ils nous trouvaient en route :
Allez dormir, le soleil est couché.
Mais l’Amitié, l’ombre fût-elle épaisse,
Vient allumer nos lampes pour y voir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse,
        Souhaitons-nous un gai bonsoir.