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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/280

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Ce récit, quand la nuit est noire,
Fait frissonner les assistants.
— Chasseur, je connais cette histoire.
Je ne veux pas perdre mon temps.

Je puis t’enseigner des prières
Pour charmer la fureur des loups,
Ou pour conjurer des sorcières
L’œil malfaisant tourné vers nous.
Crains qu’une vieille, en sa misère,
Ne jette un sort sur ton printemps.
— Chasseur, n’ai-je pas un rosaire ?
Je ne veux pas perdre mon temps.

Eh bien ! vois cette croix qui brille ;
Compte ses rubis précieux.
Sur le sein d’une jeune fille
Elle attirerait tous les yeux.
Prends-la malgré ce qu’elle coûte ;
Mais songe au prix que j’en attends !
— Qu’elle est belle ! ah ! je vous écoute.
Ce n’est pas là perdre mon temps.