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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/279

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LE
CHASSEUR ET LA LAITIÈRE



L’alouette à peine éveillée
Chante l’aurore d’un beau jour ;
Suis le chasseur sous la feuillée,
Laitière ; il parlera d’amour.
Dans la rosée allons, ma chère,
Cueillir pour toi fleurs du printemps.
— Non, beau chasseur, je crains ma mère.
Je ne veux pas perdre mon temps.

Ta mère et sa chèvre fidèle
Sont loin derrière ce coteau.
Écoute une chanson nouvelle
Qui vient des dames du château.
Fille qui la peut faire entendre
Doit fixer les plus inconstants.
— Chasseur, j’en sais une aussi tendre.
Je ne veux pas perdre mon temps.

Pour la dire apprends l’aventure
Du spectre d’un baron jaloux,
Entraînant à sa sépulture
La beauté dont il fut l’époux.