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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/278

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Combien d’imperceptibles êtres !
De petits jésuites bilieux !
De milliers d’autres petits prêtres
Qui portent de petits bons dieux !
Béni par eux, tout dégénère ;
Par eux la plus vieille des cours
N’est plus qu’un petit séminaire ;
Mais les barbons règnent toujours.

Tout est petit ; palais, usines,
Sciences, commerce, beaux-arts.
De bonnes petites famines
Désolent de petits remparts.
Sur la frontière mal fermée,
Marche, au bruit de petits tambours,
Une pauvre petite armée ;
Mais les barbons règnent toujours.

Enfin le miroir prophétique,
Complétant ce triste avenir,
Me montre un géant hérétique
Qu’un monde a peine à contenir.
Du peuple pygmée il s’approche,
Et, bravant de petits discours,
Met le royaume dans sa poche ;
Mais les barbons règnent toujours.