Ouvrir le menu principal

Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/24

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Si les villes nommaient leurs maires,
Moins de loups deviendraient bergers.

Autour du pot c’est trop tourner,
Messieurs ! l’on m’attend pour dîner.

Dévots, j’ai la foi la plus forte ;
À Dieu je dis chaque matin :
Faites qu’à cent écus l’on porte
La patente d’ignorantin.

Autour du pot c’est trop tourner,
Messieurs ! l’on m’attend pour dîner.

Ultras, c’est moi qu’il faut qu’on nomme ;
Faisons la paix, preux chevaliers :
N’oubliez pas que je suis homme
À manger à deux râteliers.

Autour du pot c’est trop tourner,
Messieurs ! l’on m’attend pour dîner.

Libéraux, dans vos doléances,
Pourquoi donc vous en prendre à moi,
Quand le creuset des ordonnances
Peut faire évaporer la loi ?

Autour du pot c’est trop tourner,
Messieurs ! l’on m’attend pour dîner.

Les emplois étant ma ressource
Aux impôts dois-je m’opposer ?