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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/224

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OCTAVIE


1823


Air des Comédiens (Air noté )


Viens parmi nous, qui brillons de jeunesse,
Prendre un amant, mais couronné de fleurs ;
Viens sous l’ombrage, où, libre avec ivresse,
La volupté seule a versé des pleurs.

Ainsi parlaient des enfants de l’empire
À la beauté dont Tibère est charmé.
Quoi ! disaient-ils, la colombe soupire
Au nid sanglant du vautour affamé !

Belle Octavie ! à tes fêtes splendides,
Dis-nous, la joie a-t-elle jamais lui ?
Ton char, traîné par deux coursiers rapides,
Laisse trop loin les Amours après lui.

Sur un vieux maître, aux Romains qu’elle outrage,
Tant d’opulence annonce ton crédit ;
Mais sous la pourpre on sent ton esclavage ;
Et, tu le sais, l’esclavage enlaidit.

Marche aux accords des lyres parasites ;
Que par les grands tes vœux soient épiés.