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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/198

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Convenez que sous la tiare
Les amours ont un air altier.
                Je suis entier.

Les pauvres peuples ne sont guère
Qu’un ban d’esclaves abrutis,
Où discorde, ignorance et guerre
Recrutent pour tous les partis.
Quand sur eux le mal s’accumule,
De tous les biens Dieu me fait don.
                    Ma dondon,
                    Riez donc,
                    Sautez donc.
Vénus met le pied dans ma mule,
Bacchus remplit mon bénitier.
                Je suis entier.

Que sont les rois ? de sots bélîtres,
Ou des brigands qui, gros d’orgueil,
Donnant leurs crimes pour des titres,
Entre eux se poussent au cercueil.
À prix d’or je puis les absoudre,
Ou changer leur sceptre en bourdon.
                    Ma dondon,
                    Riez donc,
                    Sautez donc.
Regardez-moi lancer la foudre :
Jupin m’a fait son héritier.
                Je suis entier.

Ce vieux conte, peu charitable,
Au bon pape fait dire enfin :