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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/151

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Ruban perdu, boucle défaite ;
Elle était bien, la voilà mieux.
C’est de vos sœurs la plus parfaite.
Sylphes légers, soyez mes dieux.

Que de grâce en elle font naître
Vos caprices toujours si doux !
C’est un enfant gâté peut-être,
Mais un enfant gâté par vous.
J’ai vu, sous un air de paresse,
L’amour rêveur peint dans ses yeux.
Vous qui protégez la tendresse,
Sylphes légers, soyez mes dieux.

Mais son aimable enfantillage
Cache un esprit aussi brillant
Que tous les songes qu’au bel âge
Vous nous apportez en riant.
Du sein de vives étincelles
Son vol m’élevait jusqu’aux cieux ;
Vous dont elle empruntait les ailes,
Sylphes légers, soyez mes dieux.

Hélas ! rapide météore,
Trop vite elle a fui loin de nous.
Doit-elle m’apparaître encore ?
Quelque sylphe est-il son époux ?
Non, comme l’abeille elle est reine
D’un empire mystérieux ;
Vers son trône un de vous m’entraîne.
Sylphes légers, soyez mes dieux.