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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/148

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L’ÉPITAPHE DE MA MUSE


SAINTE-PÉLAGIE


Air de Ninon chez madame de Sévigné (Air noté )


Venez tous, passants, venez lire
L’épitaphe que je me fais.
J’ai chanté l’amoureux délire,
Le vin, la France et ses hauts faits.
J’ai plaint les peuples qu’on abuse ;
J’ai chansonné les gens du roi :
Béranger m’appelait sa muse. (bis.)
Pauvres pécheurs, priez pour moi ! (bis.)
Priez pour moi, priez pour moi !

Grâce à moi, qu’il rendit moins folle,
D’être gueux il se consolait,
Lui qui des muses de l’école
N’avait jamais sucé le lait.
Il grelottait dans sa coquille
Quand d’un luth je lui fis l’octroi.
De fleurs j’ai garni sa mandille.
Pauvres pécheurs, priez pour moi !
Priez pour moi, priez pour moi !