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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/106

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Sa mort, vrai malheur public,
Est un fâcheux pronostic.

Portefaix cité dans Nîmes
Pour sa douce piété,
D’assassin il fut traité
Par de brutales victimes,
Quand son bras sur tel ou tel
Vengea le trône et l’autel.

Souvent ivre de rogome,
Ou surpris en mauvais lieu,
Pour rester pur devant Dieu,
Tout les huit jours, ce digne homme,
Communiait saintement,
Soit à jeun, soit autrement.

Fort de sa cocarde blanche,
À tuer des protestants
Il consacrait tout son temps,
Sans excepter le dimanche ;
Car il s’était procuré
Des dispenses du curé.

Miracle ! en vain il s’amuse
À massacrer en plein jour ;
Traduit devant une cour,
Aucun témoin ne l’accuse.
Les juges au prévenu
Disent : Ni vu ni connu.

Riche alors de mainte somme