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XIII

À UNE VIEILLE HAIE


Avril qui redescend des prochaines collines
Te récrépit de fleurs, muraille d’aubépines,
Clôture où, pêle-mêle, on voit se marier
Le troène et la ronce et le vert coudrier :
À tes plus vieux rameaux il rend des feuilles fraîches,
Il répare avec soin tes plus anciennes brèches,
Et, comme aux plus beaux jours de ta jeune saison,
Te voilà verdissant et croissant à foison !
Je t’aime ainsi, rempart qui, sur ta double ligne,
Protéges nos figuiers et gardes notre vigne !
Enfant, j’aimais déjà ton ombre : que de fois,
Veillant à quelque piége, ouvrage de mes doigts,