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— C’est évidemment une iniquité, dit Mr. Bennet, et rien ne peut laver Mr. Collins du crime d’être héritier de Longbourn. Mais si vous voulez bien écouter sa lettre, les sentiments qu’il y exprime vous adouciront peut-être un peu.

— Ah ! pour cela non ! J’en suis certaine. Je pense au contraire que c’est de sa part le comble de l’impertinence et de l’hypocrisie que de vous écrire. Que ne reste-t-il brouillé avec vous comme l’était son père ?

— Il paraît justement avoir eu, à cet égard, quelques scrupules, ainsi que vous allez l’entendre :


« Hunsford, par Westerham, Kent. 15 octobre.
« Cher monsieur,

« Le désaccord subsistant entre vous et mon regretté père m’a toujours été fort pénible, et depuis que j’ai eu l’infortune de le perdre, j’ai souvent souhaité d’y remédier. Pendant quelque temps j’ai été retenu par la crainte de manquer à sa mémoire en me réconciliant avec une personne pour laquelle, toute sa vie, il avait professé des sentiments hostiles… » — Vous voyez, Mrs. Bennet !… « Néanmoins, j’ai fini par prendre une décision. Ayant reçu à Pâques l’ordination, j’ai eu le privilège d’être distingué par la Très Honorable lady Catherine de Bourgh, veuve de sir Lewis de Bourgh, à la bonté et à la générosité de laquelle je dois l’excellente cure de Hunsford où mon souci constant sera de témoigner ma respectueuse reconnaissance à Sa Grâce, en même temps que mon empressement à célébrer les rites et cérémonies instituées par l’Église d’Angleterre.

« En ma qualité d’ecclésiastique, je sens qu’il est de mon devoir de faire avancer le règne de la paix dans toutes les familles soumises à mon influence. Sur ce terrain j’ose me flatter que mes avances ont un caractère hautement recommandable, et vous