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LES CINQ FILLES


DE MRS. BENNET


(PRIDE AND PREJUDICE)




I


C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l’on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou l’autre de leurs filles.

— Savez-vous, mon cher ami, dit un jour Mrs. Bennet à son mari, que Netherfield Park est enfin loué ?

Mr. Bennet répondit qu’il l’ignorait.

— Eh bien, c’est chose faite. Je le tiens de Mrs. Long qui sort d’ici.

Mr. Bennet garda le silence.

— Vous n’avez donc pas envie de savoir qui s’y installe ! s’écria sa femme impatientée.

— Vous brûlez de me le dire et je ne vois aucun inconvénient à l’apprendre.

Mrs. Bennet n’en demandait pas davantage.

— Eh bien, mon ami, à ce que dit Mrs. Long, le nouveau locataire de Netherfield serait un jeune homme très riche du nord de l’Angleterre. Il est venu