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le second volume de l’ouvrage choisi par Darcy, elle dit en étouffant un bâillement :

— Quelle agréable manière de passer une soirée ! Nul plaisir, vraiment, ne vaut la lecture ; on ne s’en lasse jamais tandis qu’on se lasse du reste. Lorsque j’aurai une maison à moi, je serai bien malheureuse si je n’ai pas une très belle bibliothèque.

Personne n’ayant répondu, elle bâilla encore une fois, mit son livre de côté et jeta les yeux autour d’elle en quête d’une autre distraction. Entendant alors son frère parler d’un bal à miss Bennet, elle se tourna soudain de son côté en disant :

— À propos, Charles, est-ce sérieusement que vous songez à donner un bal à Netherfield ? Vous feriez mieux de nous consulter tous avant de rien décider. Si je ne me trompe, pour certains d’entre nous ce bal serait plutôt une pénitence qu’un plaisir.

— Si c’est à Darcy que vous pensez, répliqua son frère, libre à lui d’aller se coucher à huit heures ce soir-là. Quant au bal, c’est une affaire décidée et dès que Nichols aura préparé assez de « blanc manger » j’enverrai mes invitations.

— Les bals me plairaient davantage s’ils étaient organisés d’une façon différente. Ces sortes de réunions sont d’une insupportable monotonie. Ne serait-il pas beaucoup plus raisonnable d’y donner la première place à la conversation et non à la danse ?

— Ce serait beaucoup mieux, sans nul doute, ma chère Caroline, mais ce ne serait plus un bal.

Miss Bingley ne répondit point et, se levant, se mit à se promener à travers le salon. Elle avait une silhouette élégante et marchait avec grâce, mais Darcy dont elle cherchait à attirer l’attention restait inexorablement plongé dans son livre. En désespoir de cause elle voulut tenter un nouvel effort et, se tournant vers Elizabeth :

— Miss Eliza Bennet, dit-elle, suivez donc mon exemple et venez faire le tour du salon. Cet exercice