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considération. À quel moment d’autres souhaits se sont-ils mêlés à cet espoir, je puis à peine le dire ; mais je crois bien que ce fut moins d’une heure après vous avoir revue.

Il lui dit alors combien Georgiana avait été charmée de faire sa connaissance, et sa déception en voyant leurs relations si brusquement interrompues. Ici, leur pensée se portant naturellement sur la cause de cette interruption, Elizabeth apprit bientôt que c’était à l’hôtel même de Lambton que Darcy avait pris la décision de quitter le Derbyshire à sa suite et de se mettre à la recherche de Lydia. Son air grave et préoccupé venait uniquement du débat intérieur d’où était sortie cette détermination.

Après avoir fait ainsi plusieurs milles sans y songer, un coup d’œil jeté à leurs montres leur fit voir qu’il était grand temps de rentrer. Et Bingley, et Jane ? Qu’étaient-ils devenus ? Cette question tourna sur eux la conversation. Darcy était enchanté de leurs fiançailles ; son ami lui en avait donné la première nouvelle.

— Je voudrais savoir si elle vous a surpris, dit Elizabeth.

— Du tout. Lorsque j’étais parti, je savais que ce dénouement était proche.

— C’est-à-dire que vous aviez donné votre autorisation. Je m’en doutais.

Et, bien qu’il protestât contre le terme, Elizabeth découvrit que c’était à peu près ainsi que les choses s’étaient passées.

— Le soir qui a précédé mon départ pour Londres, dit-il, j’ai fait à Bingley une confession à laquelle j’aurais dû me décider depuis longtemps. Je lui ai dit tout ce qui était arrivé pour rendre ma première intervention dans ses affaires absurde et déplacée. Sa surprise a été grande. Il n’avait jamais eu le moindre soupçon. Je lui ai dit de plus que je m’étais trompé en supposant votre sœur indifférente à son égard et que, ne pouvant douter de la constance de son amour