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fois. Je me demande ce qu’il pouvait bien y faire.

— Peut-être les préparatifs de son mariage avec miss de Bourgh, dit Elizabeth. Il lui fallait en effet une raison toute particulière pour être à Londres en cette saison.

— Assurément. L’avez-vous vu à Lambton ? J’ai cru le comprendre d’après ce que m’ont dit les Gardiner.

— Oui ; il nous a même présentés à sa sœur.

— Et elle vous a plu ?

— Beaucoup.

— On m’a dit en effet qu’elle avait beaucoup gagné depuis un an ou deux. La dernière fois que je l’ai vue, elle ne promettait guère. Je suis heureux qu’elle vous ait plu. J’espère qu’elle achèvera de se transformer.

— J’en suis persuadée ; elle a dépassé l’âge le plus difficile.

— Avez-vous traversé le village de Kympton ?

— Je ne puis me rappeler.

— Je vous en parle parce que c’est là que se trouve la cure que j’aurais dû obtenir. Un endroit ravissant, un presbytère superbe. Cela m’aurait convenu à tous les points de vue.

— Même avec l’obligation de faire des sermons ?

— Mais parfaitement. En m’exerçant un peu, j’en aurais eu bientôt pris l’habitude. Les regrets ne servent à rien, mais certainement, c’était la vie qu’il me fallait ; cette retraite, cette tranquillité aurait répondu à tous mes désirs. Le sort en a décidé autrement. Darcy vous a-t-il jamais parlé de cette affaire, quand vous étiez dans le Kent ?

— J’ai appris d’une façon aussi sûre, que ce bénéfice vous avait été laissé conditionnellement et à la volonté du patron actuel.

— Ah ! vraiment ? on vous l’a dit ?… Oui, en effet, il y a quelque chose de cela. Vous vous souvenez que je vous l’avais raconté moi-même, à notre première rencontre.