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avait fait, et ratifiait tous les engagements qu’il avait pris en son nom.

C’était pour Mr. Bennet une heureuse surprise de voir que tout s’arrangeait sans plus d’effort de sa part. Son plus grand désir actuellement était d’avoir à s’occuper le moins possible de cette affaire. Maintenant que les premiers transports de colère qui avaient animé ses recherches étaient passés, il retournait naturellement à son indolence coutumière.

Sa lettre fut bientôt écrite, car s’il était lent à prendre une décision, il la mettait rapidement à exécution. Il priait son beau-frère de lui donner le compte détaillé de tout ce qu’il leur devait. Mais il était encore trop irrité pour le charger de transmettre à Lydia le moindre message.

Les bonnes nouvelles, bientôt connues dans toute la maison, se répandirent rapidement aux alentours. Elles furent accueillies par les voisins avec une décente philosophie. Évidemment les conversations auraient pu trouver un plus riche aliment si miss Lydia Bennet était revenue brusquement au logis paternel, où mieux encore, si elle avait été mise en pénitence dans une ferme éloignée. Mais son mariage fournissait encore une ample matière à la médisance, et les vœux exprimés par les vieilles dames acrimonieuses de Meryton ne perdirent pas beaucoup de leur fiel par suite du changement de circonstances car, avec un pareil mari, le malheur de Lydia pouvait être considéré comme certain.

Il y avait quinze jours que Mrs. Bennet gardait la chambre. Mais en cet heureux jour, elle reprit sa place à la table de famille dans des dispositions singulièrement joyeuses. Aucun sentiment de honte ne venait diminuer son triomphe : le mariage d’une de ses filles, — son vœu le plus cher depuis que Jane avait seize ans, — allait s’accomplir ! Elle ne parlait que de tout ce qui figure dans des noces somptueuses : fines mousselines, équipages et serviteurs. Elle passait en revue