Page:Austen - Les Cinq filles de Mrs Bennet.djvu/275

Cette page a été validée par deux contributeurs.


pouvoirs pour agir en votre nom, je donnerai mes instructions à Haggerston pour qu’il dresse le contrat. Je ne vois pas la moindre utilité à ce que vous reveniez à Londres ; aussi demeurez donc tranquillement à Longbourn et reposez-vous sur moi. Envoyez votre réponse aussitôt que possible en ayant soin de m’écrire en termes très explicites. Nous avons jugé préférable que notre nièce résidât chez nous jusqu’à son mariage et je pense que vous serez de cet avis. Elle nous arrive aujourd’hui. Je vous récrirai aussitôt que de nouvelles décisions auront été prises.

« Bien à vous,

« Edward Gardiner. »


— Est-ce possible ! s’écria Elizabeth en terminant sa lecture. Va-t-il vraiment l’épouser ?

— Wickham n’est donc pas aussi indigne que nous l’avions pensé, dit sa sœur. Mon cher père, je m’en réjouis pour vous.

— Avez-vous répondu à cette lettre ? demanda Elizabeth.

— Non, mais il faut que je le fasse sans tarder.

— Oh ! père, revenez vite écrire cette lettre ; pensez à l’importance que peut avoir le moindre délai !

— Voulez-vous que j’écrive pour vous, si cela vous ennuie de le faire ? proposa Jane.

— Cela m’ennuie énormément, mais il faut que cela soit fait.

Là-dessus il fit volte-face et revint vers la maison avec ses filles.

— Puis-je vous poser une question ? dit Elizabeth. Ces conditions, il n’y a sans doute qu’à s’y soumettre ?

— S’y soumettre ! Je suis seulement honteux qu’il demande si peu…

— Et il faut absolument qu’ils se marient ? Tout de même, épouser un homme pareil !

— Oui, oui ; il faut qu’ils se marient. C’est une nécessité qui s’impose. Mais il y a deux choses que je