Page:Austen - Les Cinq filles de Mrs Bennet.djvu/273

Cette page a été validée par deux contributeurs.


de charge. La croyant envoyée par leur mère pour les appeler, les deux jeunes filles allèrent à sa rencontre, mais Mrs. Hill dit en s’adressant à Jane :

— Excusez-moi de vous déranger, mademoiselle, mais je pensais qu’on avait reçu de bonnes nouvelles de Londres, et je me suis permis de venir m’en enquérir auprès de vous.

— Que voulez-vous dire, Hill ? nous n’avons rien reçu de Londres.

— Comment, mademoiselle ! s’écria Mrs. Hill stupéfaite. Vous ne saviez donc pas qu’il est arrivé pour Monsieur un exprès envoyé par Mr. Gardiner ? Il est là depuis une demi-heure et il a remis une lettre à mon maître.

Les jeunes filles couraient déjà vers la maison ; elles traversèrent le hall et se précipitèrent dans la salle à manger, et de là, dans la bibliothèque : leur père ne se trouvait nulle part. Elles allaient monter chez leur mère quand elles rencontrèrent le valet de chambre.

— Si vous cherchez Monsieur, Mesdemoiselles, il est parti vers le petit bois.

Sur cette indication, elles s’élancèrent hors de la maison et traversèrent la pelouse en courant pour rejoindre leur père qui d’un pas délibéré se dirigeait vers un petit bois qui bordait la prairie.

Jane, moins légère et moins habituée à courir qu’Elizabeth, fut bientôt distancée, tandis que sa sœur tout essoufflée rattrapait son père et lui demandait avidement :

— Oh ! papa, quelles nouvelles ? quelles nouvelles ? Vous avez bien reçu quelque chose de mon oncle ?

— Oui, un exprès vient de m’apporter une lettre de lui.

— Eh bien ! quelles nouvelles contient-elle ?… bonnes ou mauvaises ?

— Que peut-on attendre de bon ? dit-il, tirant la lettre de sa poche. Mais peut-être préférez-vous lire vous-même ce qu’il m’écrit.