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et, quand ils arrivèrent à la voiture, ils avaient une avance d’au moins cent cinquante mètres.

Mr. Darcy offrit à Elizabeth d’entrer au château, mais elle déclara qu’elle n’était pas fatiguée et ils demeurèrent sur la pelouse.

Le silence à un moment où ils auraient pu se dire tant de choses devenait embarrassant. Elizabeth se rappela qu’elle venait de voyager et ils parlèrent de Matlock et de Dovedale avec beaucoup de persévérance. Mais Elizabeth trouvait que le temps et sa tante avançaient bien lentement et sa patience, ainsi que ses idées, étaient presque épuisées lorsque ce tête-à-tête prit fin.

Mr. et Mrs. Gardiner les ayant rejoints, Mr. Darcy les pressa d’entrer au château et d’accepter quelques rafraîchissements ; mais cette proposition fut déclinée et l’on se sépara de part et d’autre avec la plus grande courtoisie. Mr. Darcy aida les dames à remonter dans leur voiture et, quand elle fut en marche, Elizabeth le vit retourner à pas lents vers la maison.

Son oncle et sa tante se mirent aussitôt à parler de Mr. Darcy : l’un et l’autre le déclarèrent infiniment mieux qu’ils ne s’y seraient attendus.

— C’est un parfait gentleman, aimable et simple, dit Mr. Gardiner.

— Il y a bien un peu de hauteur dans sa physionomie, reprit sa femme, mais elle n’est que dans l’expression, et ne lui sied pas mal. Je puis dire maintenant comme la femme de charge que la fierté dont certaines gens l’accusent ne m’a nullement frappée.

— J’ai été extrêmement surpris de son accueil : c’était plus que de la simple politesse, c’était un empressement aimable à quoi rien ne l’obligeait. Ses relations avec Elizabeth étaient sans importance, en somme !

— Bien sûr, Lizzy, il n’a pas le charme de Wickham mais comment avez-vous pu nous le représenter comme un homme si désagréable ?