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Mrs. Bennet, toute politesse et cordialité, dit combien ils seraient très heureux de le revoir lorsque les circonstances le permettraient.

— Chère madame, répondit-il, cette invitation m’est d’autant plus agréable que je la souhaitais vivement et vous pouvez être sûre que j’en profiterai aussitôt qu’il me sera possible.

Un étonnement général accueillit ces paroles, et Mr. Bennet, à qui la perspective d’un retour aussi rapide ne souriait nullement, se hâta de dire :

— Mais êtes-vous bien sûr, mon cher monsieur, d’obtenir l’approbation de lady Catherine ? Mieux vaudrait négliger un peu votre famille que courir le risque de mécontenter votre protectrice.

— Cher monsieur, répliqua Mr. Collins, laissez-moi vous remercier de ce conseil amical. Soyez certain que je ne prendrais pas une décision aussi importante sans l’assentiment de Sa Grâce.

— Certes, vous ne pouvez lui marquer trop de déférence. Risquez tout plutôt que son mécontentement, et si jamais votre visite ici devait le provoquer, demeurez en paix chez vous et soyez persuadé que nous n’en serons nullement froissés.

— Mon cher monsieur, tant d’attention excite ma gratitude et vous pouvez compter recevoir bientôt une lettre de remerciements pour toutes les marques de sympathie dont vous m’avez comblé pendant mon séjour ici. Quant à mes aimables cousines, bien que mon absence doive être sans doute de courte durée, je prends maintenant la liberté de leur souhaiter santé et bonheur… sans faire d’exception pour ma cousine Elizabeth.

Après quelques paroles aimables, Mrs. Bennet et ses filles se retirèrent, surprises de voir qu’il méditait un aussi prompt retour à Longbourn. Mrs. Bennet aurait aimé en déduire qu’il songeait à l’une de ses plus jeunes filles, et Mary se serait laissé persuader de l’accepter : plus que ses sœurs elle appréciait ses