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Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/37

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la peine à nous en séparer, après avoir joui de sa compagnie si long-temps. Elle a un furieux mal de tête, ayant écrit pendant toute la matinée de longues lettres au colonel Campbell et à madame Dixon. Je lui ai dit : Ma chère, vous perdrez la vue ; car elle n’a cessé de pleurer. Cela n’est pas étonnant. Un tel changement, et cependant c’est un coup du ciel, elle a une place telle qu’aucune jeune personne n’eût osé espérer obtenir en commençant sa carrière. Ne nous soupçonnez pas capables d’ingratitude, mademoiselle Woodhouse : ce bonheur inespéré ne nous fera pas oublier les obligations que nous vous avons, ainsi qu’à monsieur votre père (essuyant ses larmes de nouveau). Mais la pauvre fille, quel mal de tête elle a ! Lorsqu’on souffre beaucoup, on ne sent pas le bonheur qui nous arrive comme on le devrait. Elle est on