Ouvrir le menu principal

Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/277

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



« Il s’est opéré en vous un bien grand changement depuis notre conversation sur ce sujet-là. »

« Cela est vrai ; car alors j’étais folle. »

« Il s’en est fait un aussi en moi ; car je suis porté à reconnaître dans Henriette de bonnes qualités. Je me suis donné depuis quelque temps, par égard pour vous et par compassion pour Martin, (dont la passion ne s’est jamais ralentie), la peine de faire avec elle une connaissance plus intime. J’ai souvent causé long-temps avec elle. Vous avez dû vous en apercevoir. J’ai même pensé que vous soupçonniez que je plaidais auprès d’elle la cause du pauvre Martin ; mais je n’en ai jamais eu l’idée. J’ai observé avec plaisir, et je suis convaincu de ne m’être pas trompé, qu’Henriette est une très-aimable fille, sans art, quelle a acquis