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Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/221

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jouir en paix des visites de M. Knightley, elle pouvait l’écouter, lui parler avec un plaisir extrême, sans en être troublée par aucune idée d’injustice, ou même par un sentiment plus pénible encore, celui d’avoir dans son voisinage une jeune infortunée dont le cœur avait été trompé dans ses plus chères espérances ; et par qui ? par la personne qui n’avait cessé de lui faire faire de fausses démarches.

La différence de savoir Henriette à Londres plutôt que chez madame Goddard, en faisait peut-être une peu raisonnable dans l’esprit d’Emma ; mais elle espérait que la vue d’objets nouveaux l’occuperait agréablement, ou au moins la distrairait de ses chagrins, et peu à peu les lui ferait oublier.

Emma se trouva donc parfaitement tranquille et heureuse après le départ