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Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/111

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mier sujet, l’étonnante histoire de Jeanne Fairfax avait disparu ; elles n’y pensaient plus. Elles ne songeaient qu’à M. Knightley et à elles-mêmes.

Henriette, absorbée dans ses pensées, mais plus agréablement qu’Emma, ne fut cependant pas fâchée d’en être distraite d’une manière encourageante par un aussi bon juge et une aussi bonne amie que mademoiselle Woodhouse. Elle n’attendait qu’une invitation pour raconter avec plaisir, quoiqu’en tremblant, les raisons sur lesquelles ses espérances étaient fondées. Emma était aussi tremblante qu’Henriette ; mais elle cachait mieux son trouble, soit en faisant des questions, soit en écoutant les réponses. Sa voix était assez ferme ; mais ses esprits étaient singulièrement agités par l’attente d’un mal qu’elle craignait. Pendant le récit d’Henriette, elle souffrit beaucoup,