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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/54

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mais une pension à l’ancienne mode, où, pour un prix raisonnable, les jeunes filles acquéraient quelques talens, pouvaient y être envoyées, pour s’en débarrasser, et leur procurer une espèce d’éducation, sans courir les risques de devenir des prodiges. La pension de madame Goddard jouissait d’une grande réputation, et la méritait ; car la situation d’Highbury passait pour très-salubre. Elle avait une maison spacieuse et un grand jardin ; donnait aux enfans une nourriture saine et abondante, les laissait courir tant qu’elles voulaient pendant l’été, et en hiver pansait elle-même leurs engelures. Il n’était pas étonnant de la voir suivie à l’église par une quarantaine d’enfans. C’était une bonne et simple mère de famille, qui, ayant beaucoup travaillé dans sa jeunesse, croyait qu’il lui était permis, certains jours de congé, d’aller