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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/52

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n’avait rien qui pût lui gagner la faveur publique, aucune supériorité d’esprit pour compenser ses défauts, ou forcer à un respect apparent ceux qui pourraient la haïr. Elle n’avait pas lieu de s’enorgueillir de sa beauté ni de ses talens ; elle avait passé sa jeunesse sans être remarquée, et dans son âge mûr elle prenait soin d’une mère qui était sur son déclin, et tirait le meilleur parti possible d’un très-modique revenu. Et, cependant, elle était heureuse, tout le monde en disait du bien. C’était son bon caractère, sa bienveillance universelle qui opéraient ce miracle. Elle aimait tout le monde, s’intéressait au bonheur de chacun, avait des yeux d’argus pour découvrir le mérite des gens ; elle se croyait parfaitement heureuse, remerciant la providence de lui avoir donné une mère telle que la sienne, de se voir envi-