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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/471

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riette, comme Emma le soupçonnait, était aussi portée qu’aucune d’elles à renouer) lorsque la voiture parut, et tout fut fini. L’espèce de cette visite, sa courte durée, devaient avoir porté un coup décisif. N’avoir donné que quatorze minutes à des gens chez qui elle s’était crue heureuse de passer six semaines, il n’y avait pas six mois ! Emma se représentait tout cela, sentait qu’ils avaient raison d’être mécontens, et combien Henriette souffrait. Tout cela était très-mal. Elle aurait donné tout au monde ; elle aurait tout souffert pour que les Martin eussent un autre rang dans le monde : c’était de si honnêtes gens, que peu d’élévation aurait suffi ; mais la chose étant ainsi, comment pouvait-elle agir différemment qu’elle n’avait fait ? C’était impossible ! Elle ne s’en repentait pas. Il fallait les séparer ; mais elle aurait